17.12.06
Kiffer sur les troubadours
Du temps des Troubadours, l'ortograf du français n'été pas tant stricte, comme un été de liberté, on pouvait écrire le même texte avec des orthographes diverses pour les mêmes mots, on s'en fouté, on aimait bien mettre des z à la fin des motz par exemple, juste pour la décortz, pour rigoler, pour le fun, pour la calligraphie, ct comme une fresca décorative sur un mur amb jòia... Tro cool, en plus les troubadoors n'écrivaient pas en français ct en occitan au Moyen-Age mais même pour ceux qui écriver en français, ct cool oci, tou sa pour dir ke si vou voulez écrir en texto sur ce blog, sa le fé, copyright les Troubadours ! C le droa d'écrir pour tous en liberté et sans le sens de la fôte, revenon a avan le roi-soleil et a avant la Star Académie que créa Richelieu comme chacun le sait. L'orthographe du français, c trankil. Pour ceux qui veulent écrire dans la langue des Troubadours, son lei benvenguts e an la poussibilita de se causi soun biais, aqui tanbèn, lou tai es dubert...E òsca a n'aquelei que fagan de dècas o quasi ges, òsca en totei... levat lei tòtis !
19.12.06
Emboligol
C'est quoi ce pseudo un peu zarbi ? Tout simplement, -nombril- en occitan, joli non, un clin d'oeil car je sens que ma petite personne prend beaucoup d'importance ces temps-ci... C'est peut-être un peu pareil chez toi, non ? J'aimerai te proposer quelquechose pour t' aider mais comme dit le sage, je n'ai rien à proposer. Et si les égos boursoufflés que je vois tant chez les autres n'étaient qu'un reflet parfait de mon emboligol, de mon nombril, de mon propre égo : il me faut traverser les méandres de cette tyrannie du moi.
30.12.06
Un piercing per emboligol
L a mis un piercing accroché dans l'épiderme, juste au dessous de son nombril comme pour combler cette cavité si gracieuse, l'ondine, ce brillant scintille au dessus, au dessous, nombril-bijou et je pense aux femmes du Rajasthan dont les joyaux rivés au corps m'annonçaient déjà ces rivages nouveaux, ceux d'une sensualité indienne, piercing de Jaipur, emboligol de Marselha...
06.01.07
Comment prononcer le nom du blog ?
Emboligol, ce mot occitan ne doit pas se prononcer AMBOLIGOL, gol comme fol ou Gogol, surtout pas. En langue d'oc, dans la graphie classique, le o se pronce -ou- et pour ce mot, le l final ne se prononce pas. Alors, respirez un bon coup, restez zen, et dites INBOULIGOU avec l'accent sur le i du li, facile non et n'allez pas dire que ces occitans veulent toujours -agantar l'emboligol entre lei dents-...
07.01.07
Nati (danseuse en sanscrit)
J'ai vu l'été dernier à Rodez un spectacle "Nati" très étonnant : le chanteur Jan-Mari Carlotti dont le répertoire notamment de chansons troubadouresques est superbe était accompagné d'une nati, danseuse vêtue de mille gestes comme il aime dire, mimant ses textes au fil du chant dans une communion pleine de grâce et de ferveur. Il ne s'agissait pas là de collages entre deux arts, entre deux expressions issues de cultures différentes. Romances sanscrits et Cançons de troubadours se faisaient écho, les thèmes convergeant déjà (fin amor) et de plus, cette rencontre entre Inde du sud et Occitanie, entre la danseuse et son chanteur nous a proposé un moment de poésie raffinée d'une harmonie extraordinaire...
19.01.07
L'homme à la tête coupée
A Sukhotai, antique capitale du Siam (donc aujourd'hui en Thaïlande), dans les ruines archéologiques de la vieille ville, au coeur des sanctuaires, il y a beaucoup de Bouddha a la tête coupée. Pourquoi ? Est ce l'oeuvre de soudards voulant marquer symboliquement le déclin de la ville ou peut-être des mutilations tout simplement dues aux tremblements de terre des siècles passés, qui sait ? En tous cas, cela résonne avec ce mythe antique des têtes coupées que les archéologues ont découvert en Provence du côté de Velaux et dans le pays d'Aix, à Entremont. Un culte énigmatique attribué aux Salyens ou aux Celto-ligures, l'incertitude plane encore...
A propos de statues décapitées, j'ai pensé aussi à des anecdotes contemporaines, de la tragédie contemporaine en quelque sorte. Si vous allez à Arles, place du forum, jeter un coup d'oeil à la statue de Frédéric Mistral, une cicatrice circulaire sombre parcourt son cou, une marque bien visible qui tranche dans le vert de gris de l'ensemble. D'où peut provenir cette blessure ? Pendant les heures noires de l'occupation, les nazis ont voulu s'accaparer tous les métaux du pays afin de les faire fondre pour couler de l'artillerie, une manière aussi de déposséder la contrée d'une partie de son statuaire, autrement dit de sa mémoire. La statue de Victor Gelu à Marseille n'y a malheureusement pas échappé. Par contre, grâce à un aventurier de l'Occitanie, ne manquant ni d'audace, ni de ferveur provençale, Jòrgi Rebol, la tête du -Mestre- fut préservée. Il n'a pas hésité en effet à scier la statue de Mistral dans la nuit pour emporter sa tête et l'enterrer ensuite dans un jardin. Elle était bien planquée. Acte magnifique de bravoure et de résistance... Il fallait que la tête du poète échappe à tous prix à la prédation nazie. Rebol prenant tous les risques, pensait la faire ressurgir un jour, un jour couleur orange, pour la Libération. Et la Libération n'allait pas tarder, elle fut d'ailleurs si rapide à venir que même le métal correspondant au corps décapité n'a pas été fondu. Ainsi, les deux parties aujourd'hui recollées gardent ce stygmate, cette cicatrice qui témoigne d'un bel acte de résistance et de ferveur occitane...Quelle belle leçon de rébellion de la part de Rebol . Aussi, aujourd'hui, en regardant le cou du grand Frédo, du moins de sa statue, pensez à cet acte rebelle, d'une fidélité exemplaire à l'égard de l'héritage mistralien et aussi acte de résistance bien sûr.
Autre cicatrice semblable, cette blessure au cou de l'ange de pierre de Miqueu Miniussi. Qui était ce personnage ? Un écrivain occitan d'une grande ambition littéraire, auteur de -Jiròni- et des -Passatemps-, un écrivain qui a su dire le spleen et le vide existentiel du milieu mondain avec une plume si raffinée, si sensible qu'elle enchanta ses lecteurs enthousiastes. Miniussi a été aussi un poète érudit chantant de manière très sensuelle les délices de la vie terrestre. Miqueu est mort très tôt et sur sa tombe, sa famille avait fait aposer un ange de pierre, un ange gardien de son repos. Cet ange a été malheureusement victime des pilleurs de tombe, ces gens barbares et cupides qui ne respectent même pas le sens sacré de la vie...Ils ont cherché a désceller la statue de la pierre tombale. Mais l'ange a résisté, ils l'ont alors maladroitement décapité d'un geste de brutalité vaine et stupide. Au delà du sordide fait divers, on peut se demander si ce mythe des têtes coupées ne se prolongerait pas un peu presque ? Les résistants, les coeurs rebelles, les poètes de l'Occitanie, ceux de grande ferveur comme Jòrgi Rebol mais aussi hélas, les pilleurs de tombeaux, abjects personnages, laissent d'étranges blessures à l'encolure des pierres sculptées.
10.02.07
Du direct sur Radio Galère
Comme souvent le lundi soir depuis quelques mois, je prends le micro, j'anime l'émission occitane de Radio-Galère -Terra d'òc-, sur Galère 88.4, la radio des galériens où souffle encore l'esprit des premières radios libres donc un peu d'oxygène parmi les miasmes ambiantes, dans ce monde où les muselières ne sont pas faites pour les chiens... C 19 h : l'émission commence en direct après les collègues qui viennent de se moquer tranquillement de la pudibonderie de nos amis américains, ils parlent de la photo d'un magazine où l'on pouvait reluquer un bébé tétant le sein dénudé de sa maman, une photo qui a mis le oai là-bas. Allez, après un blues de derrière les fagots, c'est à moi. Moitié blabla, un regard un tantinet critique, en oc de préférence, plutôt incisif aussi et moitié zicmu pour éviter quand même d'emmerder tout le monde... Je commence : -Adièu en totei e vaqui l'emissien en occitan, en provençau -Terra d'òc-coma cada diluns... Encuèi, vos parlarai un pauc de la Crau. La Crau verte et aussi notre désert pétré, la Crau sèche située entre Salon et Arles... puis j'envoie la musique des Tard quand dine, un bout de Mirèio qui dit magnifiquement une Crau poétique, rien de mieux que Mistral pour débuter. Miirèio, la Crau. Puis, je reprends la parole, la vibration du direct, sois zen, essaye de pas trop brailler, sois tonique quand même... J'évoque l'incinérateur qu'on veut planter à Fos, la petite fleur qui a essayé de lui résister puis Sidi à la technique enverra les Oai Stars "Va à Lourdes" Lux B et Gari Grèu, toujours plein de vòlha ! Voilà, c Radio Galère, le lundi à 19 h, Galère, la radio des Galériens !!!
14.02.07
Mr le Maire signe le pacte de Mr Hulot
Quand ça pite, pite, pite, quand ça pite à l'hameçon, on va vite, vite, vite faire sa pub avec Nicolas Hulot... On a peur de degun à Marseille, c bien connu, la municipalité peut à la fois négliger complètement la gestion des déchets ménagers, des bòrdilhas quoi, envisager de les incinérer en Crau malgré le risque de santé publique pour les autochtones du coin, nos voisins qui vont se faire emboucaner, continuer en même temps une politique des transports urbains qui manque vraiment d'ambition et c un euphémisme et signer comme je l'ai fait d'ailleurs (mais quand je vois celà, je me demande quelle signification engageante peut avoir ce geste) le pacte plus qu'intéressant de Mr Hulot.
Comme on dit en occitan, -Cu si geina ven gibos-. Mais moi, malgré tout, je rêve d'une chose, que Mr le Maire de Marseille nous surprenne complètement en prenant les problèmes notamment de transports et d'insalubrité à bras le corps. Anam avans e veirem Berra...
20.02.07
Namastai Delhi
Es solet qu'arribèri ais Indias. Aeropòrt de Delhi. Mièja-nuèch e mièja. S'afanan dins l'aerògara, lo mond de l'avion de París. Forfolh de viatjaires despacientats. Ieu, un còp passadas lei baranhas policieras e doganieras, après lo temps dei “checks” e mai dei “checks”, rascli coma un perdut. Me fau fugir lei rets aganta-toristas, aganta-colhons que menan drech ai ròdols pita-dardenas ont s'amolonan la toristalha.
Monti dins un ravanàs de bus que trantalha, clafit d'Indians. Siam dos occidentaus aquí dintre. Un beatnick desbarcat d'un autre avion emai ieu. Es suau, leis aurelhas adornadas de pendents. Índias demoraràn sempre un espaci de mitologia per lei eiritiers dau “flower power”. Après una lònga espèra, s'en va lo car devèrs lo centre de Delhi. Nos cascalha, tant fa de retotòus sus la rota mau rapedaçada. Davalarai au segond arrèst en companhia dau jove suedés qu'es aquí per lo segond còp. Se siam un pauc parlats.
Ara, siam au picar de la dalha, dau Karma : auriéu degut lo seguir dins lo “rickshow” (triportur Indian). Beu promier, siam montats dins lo meme. Puèi, coma m’avisi que lei menaires de “rickshow” son a mand de se garrolhar, lo quiti. Cadun deu se ganhar son pan. Emai la compassion, sas, se deu de menar aquest viatge...
Teiriç Offre, Trobar doç around the world (extrait), Institut d’Estudis Occitans, 1999
L'affaire Elf au théâtre

Le comédien Nicolas Lambert nous a bien fait rigoler : il a suivi presque chaque minute en prenant des notes (on dit bien les minutes d'un procés) les audiences de l'affaire Elf Aquitaine pour finalement écrire un spectacle admirablement subversif où il joue à tour de rôle les principaux protagonistes de l'affaire en imitant les mimiques de Le Floch Prigent, les manières de parler et de bouger des uns et des autres, DD la sardine notamment, les propos sont tirés des audiences ce qui donne une certaine authenticité au texte mais comme le spectacle ne dure que trois heures, il a fallu un peu dégraissé côté parlotte...Il y a du Philippe Caubère chez ce Nicolas Lambert capable de rentrer dans la peau de chacun avec un sens de la silhouette désopilant. A chaque nouvelle audience théâtrale, le public se dresse comme si on était au tribunal pour de bon et qu'il faille saluer la Cour, alors arrivent les -bien chers maitres- et les accusés. On retrouve d'éminents serviteurs de la République dans cette pièce, -Elf, la pompe Afrique-, des huiles qui ont magouillé a donf en continuité historique depuis que la France doit avoir une bonne sphère d'influence en Afrique. Et va que je te bourre de fric la deuxième caisse noire qu'on vient de créer pour financer les oppositions politiques en Afrique et va que je t'arrose telle personne avec quelques centaines de millions issus de cette même caisse, ceci pour éviter de compromettre les intérêts supérieurs de la France en Afrique par exemple lors d'un divorce où les représailles "diplomatiques" pourraient être terribles. Dans la série jugement de fripouilles, il n'y a pas mieux. Un morre de justicia a de bòn...
